le sexe de viol le facteur sexuel

Ces précautions sont importantes si l'on veut s'assurer que le phénomène à l'étude correspond bien au phénomène qui doit être étudié. Une autre source de variabilité observée entre les taux d'abus obtenus dans les différentes recherches provient des différentes méthodes de sélection des sujets. Ainsi, les méthodes qui font appel à la participation de groupes homogènes v. On pourrait émettre l'hypothèse que le taux de réponses obtenues dans les recherches puisse expliquer une partie de la variabilité observée entre les différentes études.

On pourrait croire que les sujets qui ont été victimes d'abus sexuel dans l'enfance sont peu enclins à parler de leur expérience à des sondeurs ou à des chercheurs. À l'opposé, on pourrait aussi penser que ces mêmes victimes puissent souhaiter saisir l'occasion qui leur est présentée de parler des abus qu'ils ont subis. Gorey et Leslie ont découvert un lien entre le taux de réponses obtenues aux questionnaires qui portaient sur les abus sexuels et les taux d'abus sexuels.

En effet, plus le taux de réponses est bas dans une étude, plus le taux d'abus sexuels tend à y être élevé, ce qui indiquerait que les victimes d'abus sexuel auraient plus tendance à participer à ce genre de recherche que les individus qui n'ont pas été victimes d'abus. Ainsi, plus les taux de réponses sont élevés, plus les taux d'abus recueillis se rapprochent des taux réels.

De plus, il semble que l'on obtienne des taux d'abus sexuel plus importants si les sujets sont directement questionnés, préférablement en face à face avec la personne qui conduit l'entrevue, et si plusieurs questions relatives aux abus sont posées.

La psychologie, comme beaucoup d'autres disciplines scientifiques, s'est intéressée au problème de l'abus sexuel des enfants et un grand nombre d'études a été publié au cours des dernières années.

Plusieurs questions reliées à ce phénomène sont ainsi abordées et une de celle qui semble susciter un grand intérêt porte sur les conséquences de ces abus sur les victimes.

La plupart des chercheurs s'intéressent à un type d'effet en particulier, ce qui peut créer l'impression d'un certain morcellement dans les différentes conséquences à l'étude. Conséquences à court terme. Chez les garçons Finkelhor, , la situation ne semble pas bien différente de celle des filles.

Les garçons peuvent, en plus, ressentir de la honte et craindre l'homosexualité Vander Mey, De plus, on peut parfois observer chez les garçons une tendance à reproduire leur propre victimisation en prenant cette fois-ci le rôle de l'agresseur Cantwell, Les résultats des recherches qui portent sur les garçons qui commettent des agressions sexuelles seront présentés un peu plus loin.

On verra que certaines études semblent démontrer l'existence d'un lien, chez les enfants et les adolescents, entre le fait d'avoir été victime d'abus sexuel et le fait de commettre des abus sexuels sur d'autres enfants ou adolescents. D'autres études, cependant, en arrivent à des conclusions différentes. Conséquences à long terme.

De plus, beaucoup de chercheurs étudient le lien entre les abus sexuels subis dans l'enfance et les troubles de l'alimentation v. Sur le plan sexuel, v. Par ailleurs, les quelques recherches qui ont étudié le fonctionnement sexuel d'hommes abusés ne donnent pas des résultats concluants v. En effet, les résultats se contredisent. Il est donc difficile d'affirmer si on retrouve, chez ces hommes, un taux plus élevé de dysfonction sexuelle. Plusieurs études se sont intéressées à une des conséquences possibles des abus sexuels chez les garçons: Il s'agit en fait d'une hypothèse à la fois reliée aux conséquences des abus sexuels et aux causes même de la déviance sexuelle.

Avant de présenter les études qui ont tenté de tester la validité du lien entre les abus sexuels dans l'enfance et la déviance sexuelle, les différentes théories qui portent sur l'étiologie de la déviance sexuelle seront présentées. Ces théories sont importantes puisqu'elles permettent d'expliquer en quoi des abus sexuels pourraient causer le développement de préférences et de comportements sexuels déviants.

De toutes les théories qui visent à expliquer l'acquisition d'intérêts et de comportements sexuellement déviants, la théorie de l'apprentissage est probablement celle qui a eu le plus grand impact sur les traitements offerts aux agresseurs sexuels. Plusieurs chercheurs ont tenté de tester la validité de cette théorie v. Ces difficultés méthodologiques étaient dues à l'absence de modèle intégré qui comprendrait l'ensemble des processus d'apprentissage mis en cause. Un tel modèle aurait permis de mieux expliquer l'acquisition et le maintien des préférences et des comportements sexuels déviants.

Laws et Marshall ont formulé une théorie générale, basée sur les processus d'apprentissage, qui expliquerait ce phénomène.

Premièrement, ces auteurs considèrent que l'excitation sexuelle est une réponse inconditionnelle qui peut être évoquée spontanément ou directement par une stimulation du pénis stimuli inconditionnels. Cette réponse inconditionnelle peut être associée à un stimulus neutre v. Le nouveau stimulus conditionné est donc en mesure de provoquer une réaction sexuelle. D'autres stimuli peuvent, de plus, acquérir les mêmes propriétés par un conditionnement de second ordre c.

En second lieu, toujours selon Laws et Marshall , si l'excitation sexuelle provoquée par le stimulus conditionné la fillette est suivie d'une conséquence positive v. Bien sûr, si le stimulus conditionné n'est pas précédé à au moins quelques reprises par le stimulus inconditionnel v.

De plus, la probabilité d'apparition d'un comportement sexuel diminuera s'il est suivi d'une punition. Les mêmes processus seraient impliqués dans le maintien des préférences et des comportements sexuels. Par exemple, un individu pourrait, en se masturbant, se conditionner, créant par conséquent une association entre son excitation sexuelle et certains fantasmes déviants.

Par ailleurs, l'apprentissage social pourrait jouer un rôle important dans le développement des comportements sexuels déviants. Par exemple, un enfant témoin d'abus sexuels risquerait d'adopter ce type de comportement en imitant le modèle qu'il aura observé. Étant formulée en des termes opérationnels, cette théorie favorise la recherche et mène à des traitements relativement simples et peu coûteux v. Théorie de la désinhibition. Une autre théorie tente d'expliquer les facteurs qui mènent certains hommes à poser des gestes sexuellement déviants.

Les tenants de la théorie de la désinhibition v. Selon ces auteurs, l'excitation sexuelle déviante serait inhibée, pour la majorité des hommes, suite à une réaction émotionnelle évoquée par un acte sexuel violent ou repoussant. Ainsi, un homme qui serait témoin d'un viol ressent généralement de la peur, de l'anxiété et de l'empathie pour la victime.

L'émotion, par l'activation du système nerveux sympathique, inhiberait l'excitation sexuelle. Ce mécanisme peut cependant devenir inefficace si l'individu est soumis à des conditions particulières. Certains auteurs affirment, de plus, que l'empathie pour la victime inhibe l'excitation sexuelle déviante et peut représenter un facteur qui contribue à prévenir les rechutes chez les agresseurs sexuels.

Une proportion importante des programmes de traitement inclut d'ailleurs un volet consacré à la promotion de l'empathie pour les victimes. En fait, il semble difficile pour les tenants de cette approche de s'entendre sur un modèle qui expliquerait la déviance sexuelle. Plus récemment, Sachs soutient que le complexe d'Oedipe, l'inconscient et le refoulement joueraient un rôle plus important que l'on ait cru.

Socarides , quant à lui, met l'accent sur la période préoedipienne, sur la phase symbiotique et celle de séparation-individuation. Les éléments de preuve qui supportent cette formulation théorique proviennent essentiellement d'études de cas dans lesquelles chaque théoricien observe que sa propre formulation se trouve confirmée par les résultats de l'analyse de leurs patients.

La nature même des théories psychanalytiques ne permet pas l'étude systématique des éléments qui les composent: Il semble exister un consensus assez large à la fois sur une des causes et une des conséquences à long terme, chez les hommes, de l'abus sexuel.

Certains chercheurs affirment même qu'une majorité d'agresseurs sexuels furent eux-mêmes abusés sexuellement Freeman-Longo, ; Howitt, Ainsi, certains types de thérapie basent toutes leurs interventions sur cette hypothèse sans jamais se préoccuper de son bien-fondé v. Ces chercheurs et cliniciens s'appuient généralement sur leur expérience clinique avec des agresseurs sexuels ou encore, sur des recherches parfois méthodologiquement mal construites. En effet, certaines études n'ont tout simplement pas de groupe de contrôle v.

Trois principaux modèles théoriques sont invoqués pour expliquer le lien possible entre les abus sexuels subis dans l'enfance et les agressions sexuelles.

Premièrement, certains auteurs soutiennent que les comportements sexuels déviants sont appris comme tous les autres comportements. La théorie de l'apprentissage, comme on l'a vu plus haut, explique l'acquisition et le maintien des préférences sexuelles en utilisant les concepts reliés au conditionnement classique et au conditionnement instrumental. Puisqu'un comportement doit être suivi d'une conséquence positive pour être renforcé, cette théorie semble, de plus, être consistante avec les études qui indiquent que les hommes qui ont été victimes d'abus sexuel dans l'enfance rapportent plus souvent que les femmes qui ont vécu le même type d'abus avoir ressenti une certaine forme de plaisir au cours des abus v.

Cependant, cette théorie n'explique en rien pourquoi un enfant qui fait l'expérience de plaisir au cours d'abus sexuels commis par un adulte développerait un intérêt sexuel pour un autre enfant, et non pas pour les hommes adultes. De plus, cette théorie minimise les émotions négatives qui sont ressenties dans la majorité des cas Finkelhor, Paperny et Deisher ainsi que Greenberg, Bradford et Curry soutiennent que les victimes tendraient à reproduire des gestes sexuellement déviants suite à l'influence d'un modèle.

Aucune conclusion ne peut donc être tirée quant à la validité de cette théorie. La psychanalyse est la troisième théorie qui permettrait d'expliquer le lien entre abus sexuels et agressions sexuelles.

Selon cette approche, commettre un abus sexuel serait une façon pour la victime d'exprimer la colère ressentie au cours de ses propres abus. Toujours selon cette perspective, on pourrait comprendre l'agression sexuelle comme étant une tentative, de la part de la victime, de reprise du rôle dominant dans une relation avec un enfant afin de restaurer sa propre masculinité Stava, Deux observations viennent toutefois jeter un doute sur la validité de ces théories.

Premièrement, si les abus sexuels subis dans l'enfance sont reliés d'une quelconque façon au développement d'intérêts sexuels déviants à l'âge adulte, comment expliquer le fait que la plupart des victimes soient des femmes et que la grande majorité des agresseurs soient des hommes? Il serait en effet difficile d'expliquer en quoi les processus responsables de l'acquisition d'intérêts sexuels déviants diffèrent entre les hommes et les femmes.

Deuxièmement, on retrouve aussi dans d'autres populations un haut taux d'abus sexuel dans l'enfance. En effet, on relève en général des taux d'abus comparables dans une population psychiatrique v. On sait qu'un grand nombre d'agresseurs incarcérés pour des délits sexuels ont aussi commis d'autres genres de crimes.

Donc, il est difficile de déterminer si le lien entre le fait d'avoir commis des crimes sexuels et une histoire d'abus sexuel dans l'enfance n'est tout simplement pas le reflet des conséquences d'un environnement abusif sur le développement de comportements délinquants en général.

La méthodologie habituellement utilisée afin de déterminer si l'abus sexuel subi dans l'enfance est associé à la présence de comportements sexuels déviants à l'âge adulte se résume à compter le nombre d'individus qui rapportent avoir été abusés sexuellement dans l'enfance, parmi une population d'agresseurs, et de comparer le taux obtenu au taux d'abus recueilli dans une population composée de non-délinquants sexuels.

Les premières études comportaient un certain nombre de failles méthodologiques. Ainsi, Gebhard et Gagnon ont comparé 60 hommes incarcérés pour des crimes sexuels commis contre des enfants âgés de cinq ans ou moins à des délinquants non sexuels et à un groupe de contrôle composé d'hommes non incarcérés. Ces auteurs voulaient, entre autres, déterminer si des contacts sexuels entre enfants et des abus sexuels subis dans l'enfance les prédisposaient à développer des comportements sexuels déviants.

Ils laissent de plus entendre que ce taux est plus élevé que le taux observé chez les deux autres groupes sans présenter les résultats et n'ont procédé à aucune analyse statistique. Une autre recherche conduite par Groth comporte le même type de problème méthodologique. Cet auteur a comparé l'histoire sexuelle de hommes incarcérés pour divers crimes sexuels recueillie soit à l'aide d'une entrevue ou soit dans les dossiers institutionnels à l'histoire sexuelle de 62 policiers qui ont eu à remplir un questionnaire.

On remarque que la méthodologie n'est pas la même chez les deux groupes, que le choix du groupe de contrôle est contestable et que, encore une fois, aucune analyse statistique n'est présentée. Une étude récente a tenté de répondre à la même question à l'aide d'une méthodologie semblable. En effet, Haywood, Kravitz, Wasyliw, Goldberg et Cavanaugh ont distribué des questionnaires à 45 abuseurs d'enfants et d'adolescents et à 24 membres du clergé accusés d'agressions sexuelles sur des enfants.

Les auteurs ont comparé ces sujets à 40 hommes qui n'avaient pas été accusés de crimes sexuels et à 48 membres du clergé qui, eux non plus, n'avaient pas été accusés d'agressions sexuelles. Les auteurs s'intéressaient, entre autres, au taux d'abus sexuel que l'on retrouvait dans chacun des groupes. Les résultats indiquent que les abuseurs ont été agressés sexuellement dans l'enfance dans une proportion environ six fois plus élevée que les non-pédophiles.

On retrouve une proportion similaire chez les membres du clergé: D'après leurs analyses, les sujets qui avaient été abusés sexuellement dans l'enfance avaient 3,55 fois plus de chances de devenir eux-mêmes des agresseurs sexuels que les sujets non abusés. Les résultats, quoique fort intéressants, sont toutefois difficiles à interpréter.

En effet, les auteurs n'indiquent pas quels étaient les termes utilisés pour définir les abus sexuels. L'âge auquel les abus sont survenus ainsi que les autres caractéristiques des abus sont aussi inconnus. La plus grande faille de cette étude, comme dans les autres précédemment citées, consiste en l'utilisation de rapports rétrospectifs chez des individus qui auraient eu un intérêt à se présenter comme une victime plutôt que comme un agresseur.

Il n'est pas difficile d'imaginer toute la honte ressentie, surtout pour un membre du clergé, suite à une accusation d'abus sexuel sur un enfant.

Ces hommes sont conscients du sentiment de révolte que causent leurs crimes dans la population. Pour certains d'entre eux, leur demander s'ils ont eux-mêmes été victimes d'abus sexuels représente une occasion unique de se réhabiliter aux yeux de leur entourage et du public. Une étude semble confirmer le caractère douteux des rapports obtenus à partir de sujets accusés ou incarcérés pour des délits sexuels.

Hindman , citée par Freund, Watson et Dickey, a comparé les taux d'abus sexuels recueillis chez deux groupes d'agresseurs sexuels. Dans cette étude, on a simplement demandé aux sujets du premier groupe de dire s'ils avaient déjà été abusés sexuellement dans l'enfance.

Afin de maximiser la validité et la fidélité des rapports de violeurs et de pédophiles à qui l'on avait demandé de décrire les abus dont ils auraient été victimes, Dhawan et Marshall ont pris pour seule précaution d'accompagner leurs questionnaires d'une entrevue semi-structurée.

Freund, Watson et Dickey ont, quant à eux, tenté de résoudre ce problème différemment en utilisant une méthodologie semblable, mais en séparant les abuseurs en sous-groupes en se basant sur leur tendance à nier leurs crimes. On pourrait croire que, si un individu incarcéré pour un crime sexuel commis contre un enfant nie son délit, il sera moins tenté de se présenter comme une victime pour justifier ses gestes déviants.

Les résultats de cette recherche indiquent, en effet, que les sujets qui rapportaient avoir été abusés sexuellement dans l'enfance avaient beaucoup moins tendance à nier leurs crimes que les sujets qui affirmaient ne pas avoir été abusés dans l'enfance. Freund et Kuban ont conduit une autre étude à partir du même groupe de sujets.

Ils ont toutefois modifié le traitement statistique des données ainsi que le mode de sélection des sujets les pères incestueux et ceux qui niaient leur crime furent exclus. Les résultats indiquent que l'âge des victimes pouvait statistiquement prédire la présence ou l'absence d'un abus sexuel subi dans l'enfance chez les agresseurs, ce qui indiquerait qu'une histoire d'abus sexuel serait principalement liée à la pédophilie et moins à d'autres types de délits sexuels.

Hanson et Slater ont inclus, dans leur recension des écrits sur le sujet, plusieurs études non publiées, ce qui permet de donner un aperçu plus large du phénomène. Il est important de remarquer que l'on retrouve les taux d'abus les plus élevés dans les recherches qui utilisent une définition plus large de l'abus sexuel et que, la plupart du temps, les échantillons étudiés sont trop restreints pour effectuer des analyses statistiques.

Les quelques études qui ont eu recours à un ou même plusieurs groupes de contrôle adéquats révèlent un taux d'abus plus élevé chez les agresseurs sexuels que chez les non-agresseurs.

Une chose semble cependant démontrée: Ainsi, ce facteur s'avérerait invalide et les chercheurs devraient tenter de trouver des méthodes différentes pour tester leurs hypothèses relatives au rôle de l'abus sexuel dans le développement d'intérêts sexuels déviants. Encore une fois, on remarque que, dans la majorité des études, seulement une minorité d'agresseurs révèlent avoir été abusés sexuellement et que certaines études v.

Qui plus est, Awad et Saunders ont même remarqué que les abus physiques subis dans l'enfance étaient plus fortement associés aux comportements sexuels déviants que les abus sexuels. Worling semble aussi avoir démontré qu'une histoire d'abus physique était plus fortement associée aux crimes sexuels commis par des adolescents sur des victimes de leur âge. Certains chercheurs ont tenté de contourner la possible invalidité des rapports donnés par les agresseurs en imaginant une méthodologie différente.

Il ne s'agissait plus de demander à des agresseurs sexuels s'ils avaient été eux-mêmes abusés sexuellement dans l'enfance, mais bien de recruter un échantillon d'hommes issus de la population générale et de tenter d'établir un lien entre leur histoire sexuelle et leurs intérêts sexuels tels qu'ils les rapportent dans un questionnaire conçu à cet effet. Cette méthode a pour avantage de ne pas recourir à des sujets qui ont intérêt à se présenter comme des victimes et favorise, de plus, une certaine honnêteté chez les participants par son caractère anonyme.

Deux études qui ont eu recours à des sujets issus de la population générale ont récemment été conduites. Sept cent cinquante sujets ont participé à l'étude. Le but principal de cette recherche était d'évaluer l'incidence des agressions sexuelles commises contre des jeunes âgés de moins de 17 ans par des jeunes hommes âgés de 18 à 27 ans, en plus d'identifier les facteurs sociaux et psychologiques qui pouvaient être liés à ce type d'infraction sexuelle.

Les chercheurs prédisaient, entre autres, que la présence d'un intérêt sexuel envers les enfants serait associée à une histoire d'abus sexuel. Leur définition de l'abus sexuel indiquait que les sujets devaient avoir été victimes de gestes sexuels non désirés comprenant des attouchements aux organes génitaux ou à l'anus avant l'âge de 17 ans et ce, peu importe l'âge de l'agresseur.

Les résultats de cette recherche indiquent que les hommes qui furent abusés sexuellement rapportent avoir des intérêts sexuels plus déviants que les participants non abusés. Cependant, lorsque l'on analyse les résultats différemment, la présence d'abus sexuels avant l'âge de 17 ans ne semble pas être fortement reliée à la présence d'un intérêt sexuel envers les enfants.

En effet, la corrélation entre une histoire d'abus sexuel et un intérêt envers les garçons de moins de 13 ans n'est que de 0, Cette corrélation est toutefois significative. De plus, la fréquence des abus sexuels subis semble être liée à la présence d'intérêts et de comportements sexuels déviants.

C'est-à-dire que plus souvent un sujet rapporte avoir été abusé, plus il aura de chances de démontrer un intérêt sexuel pour les jeunes de moins de 16 ans. Les sujets qui rapportent avoir été abusés à de multiples reprises ont aussi été abusés à un plus jeune âge que les sujets qui ne rapportent qu'un seul abus. Les sujets abusés présentaient, par ailleurs, plus de symptômes d'anxiété, de dépression, de culpabilité ainsi que d'autres symptômes indiquant un plus haut taux de psychopathologie.

Les abus émotionnels semblent aussi être associés aux intérêts et aux comportements sexuels déviants. Une deuxième étude, qui a eu recours à une méthodologie semblable, fut publiée par Smiljanich et Briere et arrive à des conclusions différentes. Ces auteurs ont recruté étudiants universitaires dont 99 hommes et les ont questionnés sur leurs habitudes sexuelles, comme par exemple, l'utilisation de matériel pornographique et le fonctionnement sexuel.

Certaines questions visaient précisément à mesurer la présence d'un intérêt sexuel envers les enfants. Toutefois, aucune mesure ne visait les agressions sexuelles qui auraient pu avoir été commises par les participants. Les auteurs ont aussi inclus des mesures dont le but était d'évaluer deux autres types d'abus: Les taux recueillis chez les femmes sont beaucoup plus bas: Malheureusement, les auteurs n'ont pas inclus dans l'étude, compte tenu de nombre trop peu élevé de sujets qui admettaient être attirés sexuellement par les enfants, les analyses statistiques qui auraient permis d'établir des liens plus précis entre une histoire d'abus sexuel et la présence d'un intérêt sexuel déviant.

Ils ont toutefois conduit une analyse de fonction discriminante qui leur a permis d'identifier tous les sujets masculins qui rapportaient un intérêt sexuel envers les enfants. Les sujets déviants démontraient ainsi une estime de soi plus faible, plus de conflits sexuels, une plus grande impulsivité sexuelle, une plus grande utilisation de matériel pornographique et une plus grande difficulté à attirer des partenaires de leur âge.

Étonnamment, aucune des mesures portant sur les différents abus sexuels, émotionnels et physiques n'était significativement reliée à la présence d'un intérêt sexuel pour les enfants. Il semble que d'autres auteurs reconnaissent aussi l'importance d'inclure dans les études qui portent sur les causes ou les conséquences des abus sexuels des mesures relatives aux autres types d'abus.

On reconnaît généralement l'existence de deux autres catégories d'abus, mis à part l'abus sexuel: Certains auteurs se sont ainsi intéressés aux conséquences a court et à long terme de différents types d'abus, sans nécessairement s'intéresser au développement d'intérêts sexuels déviants v.

Cette tendance illustre toutefois à quel point il est essentiel de déterminer quels sont les effets différentiels et combinés de ces différentes formes d'abus Rosenberg, Dans ce cas, l'abus sexuel pourrait n'être qu'un seul des multiples facteurs associés au développement d'intérêts sexuels pour les enfants. Briere et Runtz ont étudié les conséquences de l'abus physique et psychologique sur une population d'étudiantes universitaires.

Leur étude ne portait pas sur les effets des abus sur les préférences sexuelles des participantes, mais les résultats obtenus par ces auteurs indiquent tout de même que les deux types d'abus à l'étude occasionnaient des conséquences à la fois spécifiques et générales. En fait, certains types d'abus v. L'étude ne portait pas sur les effets de ces abus sur les préférences sexuelles de ces femmes, mais sur une série de conséquences à long terme à la fois émotionnelles, sociales et sexuelles.

Les résultats de cette recherche indiquent que les trois formes d'abus ont eu des effets plus semblables que différents sur les victimes. Les victimes d'abus sexuels démontraient cependant légèrement plus de difficultés sexuelles et interpersonnelles que celles qui n'avaient été victimes que d'abus physique ou émotionnel. Ces auteurs rapportent, de plus, que les différentes catégories d'abus semblaient avoir des effets additifs et ce, peu importe le type d'abus en cause.

Hyland, Tsujimoto et Hamilton , pour leur part, soulignent toute l'importance de mesurer différents types d'abus si l'on veut étudier le phénomène des abus sexuels. En effet, si une telle précaution n'est pas prise, certains sujets du groupe de contrôle pourraient avoir été victimes d'abus quelconques et en vivre les conséquences, ce qui rendrait la distinction entre des sujets abusés sexuellement et non abusés sexuellement plus difficile à établir.

En effet, si les différentes sortes d'abus tendent à avoir des effets similaires, il est essentiel de se donner les moyens méthodologiques de déterminer à quel type d'abus sont dues les conséquences observées chez les sujets. Les abus sexuels subis dans l'enfance prédisposent-ils les jeunes garçons à développer un intérêt sexuel pour les enfants à l'âge adulte?

Comme on l'a vu à travers les nombreuses recherches citées plus haut, il est difficile de répondre à cette question en se basant sur les études qui n'ont eu pour sujets que des agresseurs sexuels incarcérés. En effet, leur intérêt à se présenter comme des victimes jette un doute sérieux sur la validité de leur témoignage. De plus, l'absence de groupe de contrôle adéquat dans plusieurs recherches représente aussi un problème important quand vient le temps d'interpréter les données.

Une autre difficulté provient de la confusion entre plusieurs types d'abus. Il est en effet impossible de se prononcer sur les effets des abus sexuels si les sujets abusés sexuellement ont également été victimes, par exemple, d'abus physique.

Le but de la présente étude est donc de mettre au jour le lien possible entre les abus sexuels subis dans l'enfance et les intérêts sexuels des hommes adultes qui en ont été victimes. La méthodologie proposée ici diffère à plusieurs niveaux de celle des recherches qui ont jusqu'à aujourd'hui tenté de répondre à la même question.

Premièrement, cette étude permet d'éviter l'utilisation de sujets tels que des agresseurs sexuels qui auraient intérêt à rapporter un ou plusieurs abus sexuels dans l'enfance.

Deuxièmement, comme les abus sexuels surviennent généralement dans des contextes où d'autres types d'abus sont aussi présents Briere, , des données ont été recueillies concernant les abus physiques subis dans l'enfance de façon à comparer l'impact de ces deux types d'abus sur les intérêts sexuels et aussi, de façon à isoler statistiquement l'impact de l'abus sexuel.

Finalement, cette étude s'intéresse aux intérêts sexuels contrairement à la majorité des études précédemment citées qui, elles, ne s'intéressaient qu'aux comportements sexuels déviants.

Dans la présente étude, les préférences sexuelles de sujets recrutés dans la population générale ont été mesurées objectivement à l'aide des mêmes méthodes utilisées pour l'évaluation des agresseurs sexuels. À la lumière des études présentées, l'hypothèse générale permet de prédire que des hommes abusés sexuellement dans l'enfance démontreront des intérêts sexuels plus déviants que des hommes qui n'ont pas été abusés sexuellement dans l'enfance.

Plus précisément, il est prédit que:. Au total, 46 sujets âgés de plus de 18 ans ont participé à l'expérience. Ils ont été recrutés dans la communauté à l'aide d'annonces placées dans les journaux. On offrait aux sujets une rémunération de 20 dollars pour leur participation à l'étude. Ils étaient répartis en deux groupes distincts: Les deux groupes étaient composés de 23 sujets chacun.

Les sujets du groupe expérimental avaient répondu positivement à la question suivante: L'âge maximal des victimes a donc été fixé à 13 ans moins de 14 ans. Le groupe de contrôle était, quant à lui, composé de sujets qui n'avaient jamais été abusés sexuellement dans l'enfance. Afin d'assurer un contraste plus marqué entre les deux groupes, les sujets qui rapportaient avoir été abusés sexuellement après l'âge de 14 ans ainsi que les sujets qui disaient avoir consenti à avoir des contacts sexuels avec une personne d'au moins 5 ans plus âgés qu'eux avant l'âge de 14 ans ont été exclus de la recherche.

Vingt-trois sujets ont donc été retenus pour former le groupe de contrôle. Une série d'analyses statistiques fut conduite afin de vérifier s'il existait des différences significatives entre les participants du groupe expérimental et ceux du groupe de contrôle au niveau de l'âge, de la scolarité, de l'orientation sexuelle, de l'état civil et de l'occupation.

Comme l'orientation sexuelle, l'état civil et l'occupation sont des facteurs qui s'expriment en fréquences, trois tests chi-carré à deux groupes indépendants sujets abusés et sujets du groupe de contrôle ont été conduits afin de déterminer s'il existait des différences significatives à ces niveaux.

Ainsi, ces analyses indiquent que les deux groupes ne se distinguent pas sur ces trois facteurs, orientation sexuelle: Bref, on n'observe aucune différence significative entre les deux groupes sur tous les facteurs socio-démographiques à l'étude. Afin de compléter la description des sujets qui composent le groupe expérimental, on leur a aussi demandé de décrire les abus qu'ils avaient subis.

On questionna d'abord les sujets sur les sentiments éprouvés au moment des abus je me suis senti: Ensuite, les participants devaient répondre à une série de questions dont le but était de préciser la nature des abus subis. Les sujets devaient ainsi donner l'âge approximatif auquel les abus avaient commencé, l'âge auquel les abus se sont terminés en le soustrayant de l'âge du début, on obtient la durée de la période d'abus , la fréquence totale des abus, le nombre d'abuseurs, le sexe des abuseurs, leur relation avec les abuseurs inconnu, connaissance, parenté ou parent , le degré de violence subie et le type de contrainte employé par les abuseurs contrainte physique, menace, arme.

Le présente ces résultats. Aucun participant ne croyait que les abus avaient eu des conséquences uniquement positives sur leur sexualité. Caractéristiques des abus sexuels subis par les sujets du groupe expérimental Sujets Sentis? Pour ce qui est des abus sexuels comme tels, on retrouve au bas du Tableau I les moyennes pour l'âge des sujets au moment du premier abus sexuel, pour la durée de la période d'abus, la fréquence des abus, le nombre d'abuseurs ainsi que le degré de violence subi par les victimes.

Par ailleurs, les résultats indiquent que les abuseurs ont eu recours à des contraintes physiques. Le Tableau II présente en détail les types de gestes posés par les agresseurs sur leur victime. En résumé, les participants ont subi en moyenne plus d'une centaine d'abus sexuels à partir de l'âge de neuf ans, pour une période moyenne de deux ans.

Ils ont été abusés par deux agresseurs de sexe masculin en majorité , des parents ou des connaissances pour la plupart. Les abuseurs ont usé de peu de violence, mais ont eu recours à des menaces et des contraintes physiques. La majorité des victimes ont, quant à elles, subi des attouchements, mais ont aussi été contraintes à subir une grande variété des gestes sexuels de la part de leurs agresseurs.

Nature des gestes posés par les abuseurs pour chaque sujet Sujets Exhibit. Deux types de mesures ont été utilisés: Tous les participants ont rempli trois questionnaires avant de prendre part à l'évaluation physiologique. Un premier était destiné à recueillir les informations sur les abus sexuels subis avant l'âge de 14 ans. Les résultats ont été présentés dans la section précédente voir Appendice A.

Un court questionnaire dont le but était de mesurer le niveau d'abus physique subi par les victimes a aussi été distribué aux participants. Il s'agit du même questionnaire que celui utilisé par Briere et Runtz , Les sujets devaient donc indiquer la fréquence des actes violents posés par un parent à leur endroit. Ce questionnaire a été traduit par l'auteur de cette étude avant d'être distribué aux participants voir Appendice B. Les sujets devaient remplir un troisième questionnaire: Ce questionnaire vise spécifiquement à mesurer les conséquences de l'abus sexuel sur différents symptômes psychologiques v.

Ce questionnaire est composé de 33 items que les sujets avaient à coter sur une échelle de quatre points jamais, occasionnellement, assez souvent et très souvent. Les 33 items sont regroupés en cinq sous-échelles: Cette échelle a été traduite par deux individus indépendants dont l'auteur et les deux traductions ont ensuite été comparées. La version finale est le résultat d'un compromis entre ces deux versions.

Il faut toutefois noter que la traduction de plusieurs items était relativement facile à effectuer v. L'évaluation phallométrique s'est déroulée à l'Université de Montréal dans un laboratoire composé de deux pièces contiguës: Un système d'interphone reliait les deux salles et permettait à l'expérimentateur et aux sujets de communiquer. L'enregistrement de la réaction pénienne a été effectué à l'aide d'une jauge ou extensomètre au mercure que les sujets plaçaient autour de leur pénis.

Cette jauge est composée d'un mince anneau de caoutchouc contenant du mercure. Lors d'une érection, la colonne de mercure s'amincit, ce qui produit une diminution de la conductance électrique. L'extensomètre est relié à un pléthysmographe qui enregistre les variations de la conductance électrique et les transmet ensuite à un ordinateur. Deux séries de stimuli ont été présentées aux participants.

La première était composée de 18 diapositives. Ces diapositives représentaient des vues frontales d'individus nus, de façon à déterminer les intérêts sexuels des sujets envers les enfants d'âges et de sexes différents.

Elles sont extraites de la série de Laws et Osborn et regroupées en neuf catégories, chacune contenant deux stimuli: Des résultats similaires ont été obtenus dans d'autres laboratoires avec différentes séries de stimuli visuels v.

La seconde série de stimuli était composée de 22 bandes sonores d'une durée approximative d'une minute et demie chacune. Ces bandes sonores sont des traductions d'histoires originellement écrites en anglais par une équipe de psychologues du Oak Ridge Mental Health Center de Penetanguishine en Ontario.

Ces bandes décrivaient principalement des interactions sexuelles entre un homme adulte et des enfants et étaient regroupées en 11 catégories: Chacune des catégories décrivant des interactions entre un homme et un enfant était composée de deux stimuli impliquant des jeunes âgés de huit ou de dix ans.

Les autres catégories étaient aussi constituées de deux stimuli chacune. Il s'agit des mêmes bandes sonores que Barsetti et ses collaborateurs sous presse ont utilisées dans leur recherche. Différents types de bandes sonores décrivant des scènes à caractère sexuel ont aussi fait preuve, dans d'autres laboratoires, d'une bonne validité discriminante, autant auprès de violeurs que de pédophiles v. Afin de permettre aux sujets de s'habituer à la situation expérimentale, des extraits de films pornographiques disponibles sur le marché ont été présentés aux participants au début de la séance d'évaluation phallométrique.

Les scènes présentées impliquaient soit un homme et une femme ou soit deux hommes, et ce, en fonction de l'orientation sexuelle des participants.

Afin d'éviter que certains participants n'affirment avoir été abusés sexuellement dans l'enfance alors que ce n'était pas le cas, certaines mesures ont été prises concernant la sélection des sujets.

L'annonce publiée dans le journal n'indiquait pas quel était le but réel de la recherche ainsi que la catégorie de participants désirée c. En procédant de cette façon, on a réduit les chances que des sujets se créent un passé d'abus seulement pour recevoir la rémunération dont faisait mention l'annonce. Les personnes qui ont répondu à l'annonce ont toutes reçu la même information concernant le but général de la recherche ainsi que le déroulement de l'expérience voir Appendice E.

Afin de déterminer si les sujets avaient été abusés sexuellement dans l'enfance, on leur demandait, après avoir donné toutes les informations pertinentes et avoir répondu aux questions des participants potentiels, s'ils avaient déjà eu des contacts sexuels avant l'âge de 14 ans avec une personne plus âgée qu'eux. On expliquait aux sujets qu'il s'agissait d'une question de routine posée à tous ceux qui répondaient à l'annonce et qu'ils étaient tout à fait libres de répondre. Si les sujets répondaient positivement à cette question, on leur demandait s'il s'agissait d'un abus sexuel.

L'annonce fut publiée à quatre reprises sur une période d'un an et demi, toujours dans le même hebdomadaire. Au total, personnes ont répondu à l'annonce, soit pour offrir leur participation ou pour simplement recueillir de l'information sur l'étude. Étant donnée la relative rareté des victimes, lorsqu'un sujet indiquait avoir été abusé sexuellement dans l'enfance et qu'il ajoutait être intéressé et disponible pour participer à l'étude, l'expérimentateur prenait immédiatement rendez-vous avec lui.

Ainsi, on évitait de perdre des sujets qui se seraient désintéressés de la recherche après un certain temps. Les sujets qui indiquaient ne pas avoir été abusés sexuellement étaient automatiquement inclus dans le groupe de contrôle.

La priorité de participation était d'abord accordée aux sujets abusés et les sujets du groupe de contrôle étaient rencontrés par la suite. Le nombre de participants du groupe de contrôle correspond au nombre de sujets recrutés pour le groupe expérimental puisqu'ils étaient appariés selon leur âge.

Cette mesure était prise pour assurer une certaine équivalence entre les deux groupes de sujets. Du nombre total d'appels reçus, sujets n'ont pu être rejoints pour différentes raisons v. Certains sujets n'ont aussi pas été rejoints car ils ne correspondaient pas aux critères de la recherche v. Des sujets rejoints, 24 ont affirmé ne pas être intéressés à participer à l'expérience pour diverses raisons v. L'expérimentateur a questionné toutes ces personnes sur leur passé d'abus sexuel.

Trente-deux sujets ont révélé avoir été victimes d'abus sexuels avant l'âge de 14 ans: Il faut toutefois noter que ce taux n'inclut pas les hommes abusés sexuellement après l'âge de 14 ans: De ces 32 personnes, 23 ont finalement participé à l'étude. Les neuf autres sujets n'ont pu participer pour différentes raisons v. À leur arrivée au laboratoire, les sujets devaient lire et signer un formulaire de consentement voir Appendice F et remplir un questionnaire concernant leur consommation d'alcool, de médicaments et de drogues ainsi que le temps écoulé depuis leur dernière éjaculation.

À l'aide de ce même questionnaire, on pouvait aussi recueillir des informations relatives aux délits sexuels qui auraient pu avoir été commis par les participants voir Appendice G.

Ensuite, on leur demandait de remplir les trois questionnaires qui visaient à recueillir des informations sur les abus subis et lorsque cette étape était terminée, on expliquait en détail le déroulement de l'évaluation phallométrique, le fonctionnement et la pose de la jauge au mercure et on répondait à toutes leurs questions. Au début de la séance, les sujets, assis dans un fauteuil, ont visionné un extrait d'une bande vidéo érotique d'une durée d'environ cinq minutes.

Cette bande était présentée d'une part, dans le but de familiariser les sujets avec la situation d'enregistrement de la réponse sexuelle et ainsi favoriser une désensibilisation à la situation expérimentale et d'autre part, dans le but de générer une première réponse sexuelle. Lors du retour au niveau de base flaccidité du pénis , l'expérimentateur demandait aux sujets d'évaluer subjectivement l'érection maximale atteinte durant le film sur une échelle de 0 à Les diapositives ont ensuite été présentées dans un ordre aléatoire fixe déterminé à l'avance et les bandes sonores ont, quant à elles, été présentées dans deux ordres différents prédéterminés à l'avance.

La présentation aléatoire des stimuli permet de contrôler l'effet d'ordre et la contamination due à la fatigue des participants. Les diapositives ont toutes été présentées pour une durée d'une minute et une pause d'au moins 30 secondes entre chacun des stimuli diapositives et bandes était nécessaire afin de s'assurer que les sujets étaient retournés au niveau de base.

Si après 30 secondes, le retour au niveau de base n'était pas complet, une pause plus longue était alors accordée. De plus, pour être retenus, tous les participants devaient montrer une excitation sexuelle significative au cours de l'évaluation physiologique c. L'expérience durait au total environ deux heures et demie et les sujets pouvaient bénéficier d'une pause s'ils le désiraient. L'expérience terminée, les sujets ont reçu 20 dollars et étaient remerciés de leur participation. Sur demande, les sujets pouvaient avoir accès aux résultats de l'évaluation phallométrique.

Tous les sujets en ont fait la demande. La présentation des résultats est divisée en trois parties.

La première présente les résultats des analyses de variance qui portent sur les profils d'excitation sexuelle obtenus lors de l'évaluation phallométrique. La deuxième partie présente les analyses complémentaires qui permettent de comparer les deux groupes de sujets au niveau des différents indices de déviance, des résultats au TSC incluant les sous-échelles et de l'échelle portant sur les abus physiques.

Finalement, la troisième partie présente les analyses qui permettent de mettre en relation les différentes variables. Les données obtenues à l'évaluation phallométrique ont d'abord été transformées en scores z. Comme une distribution de scores z a une moyenne de 0 et un écart-type de 1, elle permet une comparaison inter et intrasujets plus précise en fournissant une base commune. Ainsi, peu importe l'amplitude des réactions obtenues par les participants, tous les sujets peuvent être comparés entre eux sur une même base.

Cette transformation consiste à, premièrement, calculer la moyenne des résultats bruts pour chaque sujet une moyenne par série de stimuli ainsi que l'écart-type.

Ensuite, on calcule le score z en soustrayant du résultat brut d'un stimulus donné la moyenne obtenue pour ce sujet et on divise le tout par l'écart-type. On obtient un score z par stimulus.

Les résultats bruts ont toutefois été analysés. Ces analyses sont présentées en appendice voir Appendice H. Les conclusions qui peuvent être tirées de ces analyses ne diffèrent pas de façon importante des conclusions issues des analyses effectuées à partir des données transformées. Avant de présenter les résultats des analyses, il faut indiquer que deux sujets n'ont pas obtenu de réactions sexuelles significatives aux diapositives c. Les données recueillies pour ces deux sujets n'ont donc pas été incluses dans les analyses statistiques.

Ces sujets appartenaient au groupe de contrôle et étaient tous deux d'orientation hétérosexuelle. De plus, dû à une erreur de la part de l'expérimentateur, les données d'un sujet aux bandes sonores furent perdues.

Ces résultats n'ont donc pas pu être analysés. Ce dernier sujet faisait partie du groupe d'hommes abusés sexuellement et était aussi d'orientation hétérosexuelle. La Figure 1 présente les résultats obtenus aux diapositives chez les deux groupes de sujets abusés et non abusés. Ces deux groupes ont été subdivisés entre sujets homosexuels et hétérosexuels. Cette subdivision était nécessaire, puisqu'il s'agit de deux catégories distinctes de préférence sexuelles. Érections moyennes face aux différentes catégories de dispositivesen fonction du groupe et de l'orientation sexuelle.

L'analyse visuelle de la Figure 1 indique que l'évaluation phallométrique semble bien discriminer les sujets homosexuels et hétérosexuels. Cette impression est confirmée par une analyse de variance 2 X 2 X 9 Groupe X Orientation sexuelle X Catégorie de stimuli avec des mesures répétées sur le dernier facteur.

La correction de Greenhouse-Geiser a été appliquée sur les mesures répétées. Les résultats de cette analyse sont présentés au Tableau III. Afin de faciliter la lecture du tableau, tous les résultats significatifs figurent en caractères gras. On remarque d'abord que l'effet principal du facteur Groupe est non significatif. Il en est de même pour le facteur Orientation sexuelle. L'effet principal du facteur Catégorie de stimuli est quant à lui significatif.

Pour ce qui est des interactions, seule l'interaction entre les facteurs Orientation sexuelle et Catégorie de stimuli s'avère significative, ce qui signifie que les sujets ont réagi différemment aux stimuli en fonction de leur orientation sexuelle.

Comme cette dernière interaction est significative, les effets principaux n'ont pas été interprétés. Afin de décomposer les effets du facteur Orientation sexuelle sur chacun des niveaux du facteur Catégorie de stimuli, une analyse des effets simples s'est avérée nécessaire. Le Tableau IV présente les résultats de cette analyse. On note une première différence significative au niveau des stimuli qui représentaient des fillettes âgées de 8 à 12 ans.

On remarque la même différence pour les stimuli qui représentaient des adolescentes. Une différence significative entre ces deux groupes est aussi détectée au niveau des diapositives qui représentaient des femmes adultes.

On observe le même type de différence au niveau des stimuli qui représentaient des adolescents et des hommes adultes. Afin de vérifier s'il existait des différences au niveau du facteur Catégorie de stimuli sur chacun des niveaux du facteur Orientation sexuelle, on a procédé à une série de comparaisons a posteriori à l'aide de la méthode de Tukey a.

Les résultats sont présentés au Tableau V. On remarque que, chez les sujets d'orientation homosexuelle, seules les réactions évoquées par les diapositives qui représentaient des hommes adultes se distinguent significativement des autres catégories de stimuli. En ce qui concerne les facteurs de risque aigus, les agents avaient pour instruction de considérer l'évaluation courante c. Ils devaient évaluer le comportement courant eu égard au niveau de risque global établi antérieurement au moyen des facteurs statiques et des facteurs stables.

Le score de l'échelle d'évaluation des facteurs aigus pouvait correspondre à quatre situations possibles: Les données ont été recueillies dans le cadre des activités de surveillance régulière exercées par les agents qui participaient au projet. Les données d'évaluation étaient considérées comme des données provenant de dossiers administratifs qui étaient sous la responsabilité de chaque entité administrative, et il n'était pas nécessaire d'obtenir le consentement du délinquant pour les obtenir.

Des ententes formelles ont été conclues avec les entités participantes en vue de permettre aux chercheurs à Sécurité publique Canada anciennement Solliciteur général Canada d'utiliser les données dans le but de faire une évaluation commune des programmes. Dans tous les cas, les données demeuraient la propriété des entités administratives, et les chercheurs à Sécurité publique Canada jouaient le rôle de gestionnaires des données. En ce qui concerne la province de Québec toutefois, il fallait obtenir le consentement du délinquant avant de pouvoir communiquer les données à un ministère du gouvernement fédéral.

Par conséquent, les délinquants de juridiction québécoise ont tous signé des formulaires de consentement par lesquels ils autorisent l'utilisation des données qui les concernent pour les besoins de cette étude.

Après la période de formation, on a demandé aux agents participants de fournir de l'information sur les nouveaux cas successifs jusqu'à ce qu'on ait pu constituer un échantillon de taille suffisante approximativement trois ans. Or, l'analyse de dossiers effectuée pour les besoins de la formation en matière de fiabilité a indiqué que les cas retenus par les agents ne se succédaient pas tous dans le temps. On ignore pourquoi les agents n'ont pas évalué les nouveaux cas dans l'ordre successif, mais il semble que l'on puisse imputer cette lacune au degré de soutien des autorités locales pour le projet et au calendrier chargé des agents.

Les agents qui ont fourni des données pour les besoins du projet avaient accepté volontairement de le faire. L'évaluation des facteurs stables devait se faire dans les trois premiers mois, puis aux six mois par la suite. Une fois que les agents avaient produit la première série de données sur les facteurs stables, ils devaient évaluer les facteurs aigus à chaque séance mais pas plus qu'une fois par semaine.

Tous les agents qui fournissaient des données pour les besoins du projet devaient participer à une séance de formation de deux jours. La plupart des séances de formation étaient données par les enquêteurs principaux, quoique certaines entités administratives avaient recours aux services d'autres formateurs. Dans de rares cas, les agents participants avaient été formés par d'autres agents locaux. La formation consistait principalement dans la description des critères de notation et dans des exercices structurés à l'oral comme à l'écrit.

Les résultats de l'exercice de notation final à l'écrit servaient à évaluer la fiabilité des cotes fournies par les agents voir plus bas. Il n'y avait pas de note de passage formelle, sauf que les agents qui éprouvaient de toute évidence des difficultés étaient invités à revoir les résultats de leur évaluation en compagnie d'un autre agent avant de les transmettre aux responsables du projet.

Au moment de l'enregistrement initial, les données d'identification du délinquant ont été associées à un identificateur unique connu seulement des membres de l'équipe de recherche et de l'agent de surveillance. Lors des séances de transmission suivantes, seul l'identificateur unique a été utilisé afin de garantir la confidentialité. La fiabilité a été analysée de deux manières. La première méthode consistait à comparer les réponses des agents dans l'exercice final à celles de Karl Hanson et Andrew Harris les enquêteurs principaux et concepteurs de tests.

Environ le tiers des agents ont fait l'un ou l'autre des trois exercices proposés. En ce qui concerne l'unique élément pour lequel aucun des agents n'a attribué la bonne cote selon la clé de correction, il est raisonnable de penser que la clé de correction était erronée dans ce cas. Ces résultats indiquent qu'il est possible de former des personnes qui peuvent à leur tour donner une formation aussi efficacement que les concepteurs initiaux.

La seconde méthode d'analyse de la fiabilité consistait à étudier 92 dossiers inscrits au projet. Les dossiers ont été prélevés au hasard dans les lieux où l'on retrouvait le plus grand nombre de dossiers complets c. Ces deux critères se sont traduits par un suréchantillonnage des grands milieux urbains. Un dossier était présélectionné s'il avait fait l'objet d'une évaluation complète des facteurs statiques et d'au moins une évaluation des facteurs stables l'analyse a révélé que 4 dossiers n'avaient pas fait l'objet du premier type d'évaluation et 5 n'avaient pas fait l'objet du second type.

Les examinateurs avaient pour tâche de déterminer la meilleure évaluation compte tenu des informations fichier disponibles. Le degré de fiabilité calculé suivant cette méthode tend à surestimer le taux de concordance des scores attribués par les différents évaluateurs pour trois raisons: C'est pourquoi ces analyses de fiabilité doivent être vues plus comme un moyen de vérifier dans quelle mesure les agents maîtrisent les règles de notation que comme un moyen de vérifier le degré de concordance entre des évaluations totalement indépendantes.

On a observé un degré de concordance élevé entre les cotes initiales et les cotes établies par consensus sur la foi des analyses de dossiers. L'information concernant les nouvelles infractions a été tirée des dossiers judiciaires tenus par les États, les provinces et l'administration fédérale canadienne ou a été obtenue des agents de surveillance et des services de police municipaux.

Par ailleurs, nous avons reçu des dossiers des provinces et des États suivants: L'information relative aux infractions provenait des agents de surveillance ou des systèmes correctionnels des provinces ou des États, ou elle était fournie directement par les services de police chargés de l'affaire. Il est arrivé que les services policiers nous fournissent de l'information sur les nouvelles infractions, qui n'avait pas encore été consignée dans d'autres registres.

Par définition, la période de suivi s'étend entre la date de collecte des données de la première évaluation et la date de réception des données les plus récentes sur la récidive. Pour les quelques cas qui ne figuraient pas encore dans un registre public, nous avons fixé la date de fin du suivi à un mois suivant la date de réception des données de la dernière évaluation.

Aux fins de l'analyse de survie, la date de début du suivi était définie comme la date de la première évaluation ou la date de libération, selon la dernière de ces éventualités; la date de fin du suivi était définie comme la date où se produit l'un ou l'autre de ces événements, selon la première occurrence: Cinq types de récidive ont été enregistrés.

Étant donné que certaines des infractions sexuelles ne supposent pas de violence p. La récidive criminelle était réputée être survenue si l'organisme qui communiquait l'information croyait que l'infraction avait été commise. Si le récidiviste avait été condamné pour manquement aux conditions de la libération, mais que le rapport d'infraction indiquait qu'un crime avait été commis, l'événement était codé comme un crime. Comme les dossiers judiciaires sont la principale source d'informations sur la récidive, la grande majorité des actes de récidive ont fait l'objet d'une accusation ou d'une condamnation formelles.

La première série d'analyses considèrent la validité prédictive des facteurs de risque stables en examinant l'association de ces facteurs avec chacun des cinq types de récidive. La deuxième série d'analyses examinent s'il est possible d'améliorer la valeur prédictive de l'évaluation des facteurs stables en modifiant le système de notation c'est effectivement possible. La première version révisée conserve tous les éléments de l'échelle initiale, mais elle définit de nouvelles règles de combinaison des facteurs statiques et des facteurs stables en vue du calcul d'une cote de priorité pour le délinquant.

Enfin, la dernière série d'analyses examinent la validité prédictive des facteurs aigus, considérés seuls ou en combinaison avec la cote de priorité. Les taux de récidive observés chez les délinquants de l'échantillon sont les suivants: On note toutefois des différences de taux appréciables entre les entités administratives.

Ces écarts étaient prévisibles compte tenu des différences dans les périodes de suivi et les sources de données sur la récidive et compte tenu du fait que les administrations n'ont pas toutes les mêmes responsabilités en matière de gestion de la peine certaines s'occupant uniquement des délinquants soumis à une probation, d'autres, des délinquants qui purgent une peine de deux ans ou plus, et d'autres encore, de tous les délinquants sexuels condamnés dans un État pour une infraction qui n'est pas de juridiction fédérale.

Bien que ce rapport n'ait pas pour objet d'analyser les différences de taux de récidive entre les administrations, il convient de souligner que la variation des résultats est liée en partie à des différences d'administration dont ne pouvaient rendre compte les variables mesurées dans cette étude. Nous avons étudié l'association entre les 16 facteurs stables et la récidive au moyen des coefficients de corrélation, des tableaux statistiques et des résultats des analyses de la fonction d'efficacité du récepteur ROC.

Chacune de ces approches suppose un modèle statistique légèrement différent, d'où le fait que les résultats sont semblables mais non identiques. Sept des 16 éléments ont un rapport linéaire significatif avec toutes les variables étudiées: Trois autres éléments présentent un rapport linéaire significatif avec les variables qu'ils sont censés prédire: Aucun des trois éléments d'attitude n'est associé significativement à la récidive sexuelle.

Le droit au sexe et les attitudes face au viol ont un rapport significatif avec la récidive violente et la récidive générale; cependant, cet effet s'explique en bonne partie par le fait que les violeurs reçoivent une cote plus élevée pour ces éléments que les agresseurs d'enfants et qu'ils sont en outre le type de délinquant le plus porté vers la criminalité en général.

On n'observe aucun rapport significatif entre les éléments d'attitude et la récidive chez les violeurs. Ainsi, on allait définir un score minimum selon le nombre total de victimes de 2 à 7 victimes: Les trois éléments d'attitude ne prédisent pas de façon significative la récidive et ils ont donc été mis de côté.

Trois autres éléments ont été conservés après avoir subi des modifications mineures: Les analyses suivantes examinent quelle est la meilleure méthode pour combiner les facteurs stables de manière à obtenir un score global. Deux grandes options sont considérées: Aucune de ces méthodes n'était franchement plus précise que l'autre. La supériorité relative de chaque méthode variait selon les critères à l'étude et le sous-groupe examiné, et aucune des différences d'efficacité prédictive n'était statistiquement ou pratiquement significative.

Pour l'échantillon global des délinquants sexuels adultes, la cote moyenne selon cette échelle est 7,5 É. Nous avons utilisé différents seuils et différentes règles de combinaison pour examiner quelle était la meilleure méthode pour combiner les variables statiques et les variables stables de manière à former des catégories nominales.

Les résultats de l'analyse indiquent aussi qu'il est possible d'améliorer les méthodes proposées à l'origine pour combiner les facteurs statiques et les facteurs stables. Dans cette étude, seulement deux individus avaient ce profil, et l'un d'eux a commis une récidive sexuelle. On observe les mêmes résultats pour ce qui est des agresseurs d'enfants extra-familiaux, des violeurs, des délinquants non autochtones et des délinquants canadiens.

En ce qui concerne les auteurs d'actes incestueux, les variables stables ont un rapport significatif avec la plupart des types de récidive, tandis que les variables statiques ont un rapport significatif uniquement avec la récidive de toutes sortes.

On présumait que les agents qui avaient fait toutes ces évaluations étaient les plus consciencieux et les plus fermement engagés dans le projet et que, par conséquent, ils produiraient les données les plus fiables.

En outre, pour réduire la variabilité attribuable à la diversité des sources d'information sur la récidive, nous avons limité le champ des analyses aux délinquants canadiens pour lesquels on avait reçu un dossier judiciaire. Les analyses précédentes reposaient sur l'évaluation initiale des facteurs stables, qui devait être faite dans les 3 mois suivant le début de la période de surveillance dans la collectivité. Les évaluations des facteurs stables devaient ensuite se faire aux six mois pendant toute la durée de la période de surveillance.

Étant donné la courte durée de la période de suivi et les faibles taux de récidive, la première et la seconde évaluation suffisent pour tester le rapport entre les variables stables et la récidive sexuelle. En moyenne, cette échelle indique un niveau de besoins moins élevé à la seconde évaluation Moy. La grandeur de la variation entre la première et la seconde évaluation n'a aucun rapport avec un quelconque type de récidive.

Les deux évaluations ont la même efficacité prédictive. Ce résultat est ce à quoi on pouvait s'attendre, mais il doit être interprété prudemment car il repose sur un très petit nombre de cas seulement 6 récidivistes sexuels. Le nombre de cotations par délinquant variait de 1 à 70, avec une médiane de 7 moy. Or, comme on ignore la nature de ces facteurs et qu'ils n'ont aucun rapport significatif avec un quelconque type de récidive, nous n'en tiendrons pas compte dans notre analyse.

L'analyse en composantes principales donne les valeurs propres initiales suivantes: Le diagramme des valeurs propres scree plot semble indiquer un facteur unique, mais une rotation varimax de deux facteurs nous permet de déduire assez clairement un second facteur composé des éléments suivants: La consistance interne de ces quatre éléments est de 0,65 alpha , comparativement à 0,72 pour les 7 éléments.

Afin d'examiner l'efficacité prédictive des variables aiguës, nous avons mené plusieurs analyses en nous servant des cotations de facteurs aigus pour différentes périodes: Nous avons comparé les cotes des récidivistes et les cotes de facteurs aigus des non-récidivistes, avec sélection d'une date au hasard.

Nous avons analysé chacune des cinq variables de récidive séparément, en utilisant différentes dates de référence dans chaque échantillon. On retrouve les quatre mêmes variables qui composaient un facteur dans l'analyse factorielle. L'effondrement émotionnel, l'effondrement des supports sociaux et la toxicomanie sont significativement associés à la récidive de toutes sortes dans toutes les périodes, et à la récidive criminelle de toutes sortes dans deux périodes sur trois.

Mais ces facteurs ne sont pas associés régulièrement à la récidive sexuelle ou violente. En conséquence, les variables aiguës sont réputées constituer deux échelles d'évaluation: Pour ce qui est de l'ensemble des facteurs aigus, les seuils recommandés sont les suivants: Nous avons mené une série d'analyses visant à déterminer dans quelle mesure une variation des facteurs aigus influe à la hausse sur le niveau de risque.

Plus précisément, nous avons fait les comparaisons suivantes: Aucune des analyses ne révèle de rapport significatif entre les scores de différence et un quelconque type de récidive.

La série d'analyses suivante avait pour objet de déterminer si l'évaluation faite au cours de la dernière période rend compte d'une corrélation plus élevée avec la récidive que les évaluations des périodes précédentes. L'évaluation la plus récente n'est pas vraiment supérieure aux évaluations précédentes pour les périodes de moins de six mois. Pour ce qui a trait aux moyennes de six mois toutefois, les cotes moyennes pour les six derniers mois sont généralement de meilleurs prédicteurs de la récidive que celles pour les six mois précédents corrélations établies sur la base des totaux pour l'ensemble des facteurs aigus: Une autre conclusion importante est que si l'on fait la moyenne des cotes des facteurs aigus pour de plus longues périodes, on accroît la valeur prédictive de ces cotes.

On observe la même tendance pour tous les autres facteurs de risque. L'ensemble des facteurs aigus contribuent significativement à la prédiction de la récidive avec violence et de la récidive générale, mais non à celle de la récidive sexuelle. Il convient toutefois de noter que le risque absolu de récidive imminente est faible pour tous les types de récidive. Il est toutefois impossible d'exprimer directement ces nombres en termes de probabilité de récidive imminente, car le nombre de cotations établies peut varier d'un délinquant à l'autre.

Cette étude a démontré que les agents de surveillance communautaire sont capables d'évaluer les caractéristiques personnelles et sociales des délinquants sexuels qui ont un rapport significatif avec la récidive sexuelle, la récidive avec violence et la récidive générale. Des études antérieures ont montré que l'on peut prédire la récidive au moyen de variables historiques statiques, comme les antécédents de délinquance et les caractéristiques des victimes; dans la présente étude, nous avons vu que ces variables statiques étaient associées modérément, sinon fortement à la récidive.

Cela dit, il est possible d'améliorer la qualité des évaluations du niveau de risque en combinant par une méthode structurée les caractéristiques statiques, stables et aiguës de manière à aboutir à une évaluation globale du niveau de risque courant.

Les résultats de la présente étude concordent avec ceux des études antérieures dans lesquelles les facteurs dynamiques stables contribuaient de façon significative à la prédiction de la récidive en complétant l'information fournie par les mesures actuarielles statiques existantes Beech et al. Cette étude est à notre connaissance unique en ce qu'elle emprunte une approche prospective authentique où les agents procèdent à des évaluations dans le cadre des activités de surveillance régulière.

Ainsi, les agents ont été initiés aux méthodes d'évaluation du risque de récidive, ils ont évalué de nouveaux cas, et ils ont fourni de l'information sur ces cas durant une période de trois ans en moyenne période de suivi.

Bien que les facteurs stables et aigus contribuent de façon significative à la prédiction du risque de récidive, peu de données nous permettent de croire que la variation de ces facteurs aurait un effet sur ce risque. On note peu de changement dans les facteurs stables pendant la période de retest de six mois, et ce changement n'a pas de rapport avec la récidive. On ne dispose pas de données sur les interventions, mais d'après ce que nous savons des administrations qui ont participé à l'étude, il est permis de supposer que la très grande majorité des délinquants n'ont pas vraiment reçu de traitement.

La conséquence pratique de cette conclusion est qu'il n'est pas nécessaire d'évaluer les variables stables plus qu'une fois l'an, pourvu qu'aucune nouvelle information ou aucun changement de situation ne justifient une réévaluation du risque.

La plupart des évaluations du progrès accompli durant le traitement ont peu de rapport avec la récidive Hanson et Morton-Bourgon, On trouve toutefois des études qui montrent le contraire.

Ainsi, Beech, Erikson, Friendship et Ditchfield et Marques, Wiederanders, Day, Nelson et van Ommeren observent que les méthodes structurées d'évaluation empirique des progrès réalisés grâce au traitement ont un rapport modéré avec la récidive sexuelle. Comme les évaluations structurées du risque fondées sur la recherche empirique sont souvent supérieures aux évaluations cliniques non structurées, il est probable qu'en misant davantage sur la structure, on puisse accroître la validité des évaluations post-traitement.

La présente étude a largement fait valoir l'avantage d'utiliser des méthodes structurées d'évaluation du risque fondées sur la recherche empirique. Lorsque les agents se voyaient offrir l'occasion d'apporter des ajustements non structurés aux évaluations du risque dérogation, facteurs aigus uniques , soit que ces ajustements ne changeaient rien facteurs aigus uniques , soit qu'ils diminuaient la valeur prédictive des scores initiaux dérogation.

Cela ne veut pas dire qu'on n'accorde pas d'importance à l'observation compétente des caractéristiques sociales. Les agents doivent se servir de leur jugement professionnel pour évaluer tous les facteurs stables et aigus.

Toutefois, sans éléments d'information, on ne peut pas s'attendre que les agents de surveillance ou les concepteurs de test sachent quelle est la meilleure façon de combiner ces facteurs en vue de faire une évaluation globale du risque.

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